Mes idées
Le problème ne vient pas seulement des personnes qui gouvernent. Il vient surtout des règles qui encadrent leur pouvoir.
Attendre des dirigeants plus vertueux ne suffit pas. Sans contrôle, sans limites et sans obligation de rendre des comptes, le pouvoir finit toujours par s’éloigner des citoyens.
Une démocratie solide ne repose donc pas sur la confiance aveugle. Elle repose sur des mécanismes qui permettent au peuple de participer, de contrôler ses élus et de garantir que personne ne soit au-dessus de la loi.
TROIS MECANISMS POUR Y PARVENIR
Le RIC
Le Référendum d'Initiative Citoyenne. Le droit pour les citoyens de - par eux-mêmes et sans aucune interférence - proposer, modifier, abroger une loi ou révoquer un élu. L'arme constitutionnelle que tous les pouvoirs ont pris soin d'exclure de notre loi fondamentale. Ce n'est pas un accident. C'est un calcul.
Le contrôle populaire
Un élu sur lequel vous n'avez aucun contrôle et que vous ne pouvez pas révoquer n'est pas un mandataire. C'est un monarque à durée limitée.
L'État de droit
La loi est la même pour tous — du Président de la République au citoyen ordinaire. Un Etat dans lequel l’Etat est soumis à la loi, les magistrats sont entièrement indépendants, la presse est véritablement libre et les libertés et droits fondamentaux sont effectivement garantis. Ce n'est pas une utopie. C'est le minimum.

Pourquoi la démocratie en Afrique n'a jamais vraiment existé ?
Avant de critiquer la démocratie, encore faudrait-il l'avoir expérimentée. Avez-vous, une seule fois dans votre vie, vécu dans un pays africain où le peuple exerçait réellement le pouvoir ? Si la réponse est non — et elle l'est —, alors nous ne faisons pas le procès de la démocratie. Nous faisons le procès de ses caricatures.
Il y a un écart béant, dans nos pays, entre ce que nos constitutions proclament et ce que nos institutions font réellement. Les textes parlent de séparation des pouvoirs, d'indépendance de la justice, de libertés fondamentales. Dans les faits, l'exécutif domine tout, les élections sont souvent des mises en scène, et la liberté d'exercer ses droits s'arrête parfois au moment même où l'on en a besoin. C'est ce que j'appelle "Le syndrome de Manan Kampess".
Et pourtant on dit que « la démocratie ne marche pas en Afrique ». Ce n'est ni juste au sens de justesse, ni juste au sens de justice. Comment peut on juger un médecin incompétent alors qu'on a expressément refusé de suivre ses prescriptions ?
Nous devons comprendre qu'une norme proclamée n'est pas nécessairement une norme effective, qu'il ne suffit pas d'écrire « orange » sur un drapeau blanc pour qu'il devienne un drapeau orange.